Pourquoi « le light novel » ?

De nos jours, lorsqu’on vous parle d’une série japonaise, on s’attend le plus souvent à découvrir un anime ou un manga. Toutefois, depuis quelques temps (que ça soit pour les animes ou les mangas), on remarque que certains proviennent d’un light novel.

Mais qu’est-ce que le light novel, comment est-il arrivé sur le marché, et comment se fait-il qu’un format aussi brut soit devenu l’une des principales sources actuelles de contenus japonais ?

Tout d’abord, petite définition. Du japonais ライト ノベル (raito noberu, emprunté de l’anglais et abrégé en ranobe), le terme de light novel désigne un format de publication visant essentiellement les adolescents et les jeunes adultes. Il s’agit d’un roman agrémenté d’illustrations, donnant un aspect visuel à l’histoire écrite.
Parfois inspirée des codes du manga, l’histoire peut suivre un rythme feuilletonnant, étalée sur plusieurs tomes. Un tome compte 300 pages en moyenne, sauf exceptions (Kyoukaisen-jou no Horizon et ses 1000 pages, soit l’épaisseur d’un demi-dictionnaire).
Par ailleurs, il est publié sur du papier bas de gamme (la qualité variant selon les labels), et est donc peu cher (600-700 ¥ en moyenne) pour tout lecteur friand.

Se demander si on dit « le » ou « la » light novel nous ramène au débat sur l’accord des articles avec les termes d’origine étrangère. D’une part, ceux qui sont partisans du « la » soulignent la proximité entre « novel » et la nouvelle, sachant que nouvelle se dit short story en anglais. D’autre part, ceux qui disent « le » se réfèrent au roman.
En l’absence de règle absolue, l’accord masculin est le plus souvent utilisé.

À ses débuts, le LN présentait des histoires plus souvent axées sur la fantasy et l’aventure, mais de nos jours, on peut y trouver de la comédie ou de la romance, montrant que ce format n’est pas réservé qu’à certains styles.

Il est apparu en 1975 et a directement touché un large public dès le début des années 80. Tout ça grâce à Yoshiki Tanaka, le célèbre auteur de Legend of the Galactic Heroes, un LN de science-fiction traitant d’une guerre spatiale (qui a l’air absolument incroyable à lire).
On peut aussi dire que cette série a aussi profité de la popularité de Star Wars, qui n’est sorti que 5 ans plus tôt. Citons aussi The Heroic Legend of Arslan, un LN fantasy de Tanaka qui est encore publié de nos jours.

Cela dit, qui a bien pu avoir l’idée de publier des light novels en 1975 ? Hé bien, disons que la littérature avait une grande importance dans le monde culturel, et que le pulp novel, le format se rapprochant le plus de notre Light Novel actuel à l’époque, était déjà très apprécié du public japonais. Sonorama Bunko en était le premier éditeur à l’époque, ce qui fait qu’on peut actuellement le considérer comme le papa spirituel de toutes les maisons d’édition actuelles.

En 1991, la série Slayers fut la première à intégrer une pointe d’humour aux simples aventures de fantasy. Ce qui en fit l’une des séries les plus vendues ! Je ne compte plus le nombre d’adaptations de Slayers qui sont sorties jusqu’à maintenant.
Notons qu’elle a été publiée chez Fujimi Fantasia, label crée 3 ans plus tôt et qui était à l’époque le poids lourd de la fantasy.
Malgré l’important succès de certains LN, ce format resta très minoritaire face à la littérature japonaise plus développée et au succès toujours grandissant de l’animation japonaise et du manga.

Ce n’est qu’en 2005, lorsqu’une certaine Haruhi Suzumiya et sa mélancolie arrivèrent sur les étales japonaises, que le light novel explosa et devint le principal média japonais axé pour la jeunesse, dépassant légèrement le manga en termes de ventes. L’explosion du LN était telle que des tas de jeunes japonais se sont lancés dans l’écriture, et que les lecteurs sont arrivés en masse sur ce format désormais culte.

Tout ce qui fait partie d’un LN est désormais le fruit de novices parfois talentueux, aussi bien sur l’histoire que pour les illustrations… En effet, les éditeurs organisent des concours (le plus connu étant le Dengeki Novel Prize), permettant à des jeunes écrivains de faire publier leurs LN.
Les illustrateurs sont aussi sélectionnés à l’issue de concours souvent tenus sur pixiv, le DeviantArt japonais.

Pour finir, on peut citer Kadokawa qui possède plus de 70% du marché du light novel, avec ses différentes maisons d’édition aux styles variés. (Un peu de chiffres ne fait jamais trop de mal.)

En 30 ans d’existence, le LN est devenu un élément important du panorama culturel japonais. Mais si son succès est dû aux quelques séries qui ont réussi à se démarquer d’une manière très impressionnante, certains LN restent encore peu connus. Et c’est pour ça qu’il existe désormais des classements. Mais nous parlerons de ce sujet plus tard, en évoquant l’un des plus connus…

(Merci à Misogi pour les petits détails auxquels je n’aurais pas pensé.)

PS : Par pitié, ne confondez pas light novel et manga.

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