(Hébergé) Les relations frère-sœur dans les œuvres japonaises d’aujourd’hui

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Note : Ceci est un article rédigé par Vallor, il reflète ses propres opinions. Quelques petits spoilers sont à prévoir.

Les mœurs ont beau être en perpétuelle évolution, il subsiste toujours quelques tabous. Et c’est de l’un d’entre eux dont il sera question dans cet article : les relations amoureuses entre frères et sœurs.

Avant toute chose, il est important de bien définir ce que sont les mœurs. Voilà la définition de L’internaute, que nous allons retenir : « Ensemble des habitudes innées ou acquises d’un individu ou d’une société au regard de la morale, du bien et du mal ».
Nous nous appuierons également sur la définition de « morale », toujours de L’internaute : « Ensemble des règles de conduite et des valeurs qui définissent la norme d’une société. »
Ces deux notions sont relativement importantes ; gardez-les bien en tête.

Dans cet article, je n’emploierai pas le terme « incestueux », car celui-ci a une définition trop ambiguë. Par contre, j’inclurai les amours à sens unique (non réciproques).
Cela étant dit, on se limitera aux univers des LN, des mangas et des animes japonais.

À la question « Vis-à-vis de la morale, jugez-vous une relation frère-sœur comme étant une bonne ou une mauvaise chose ? », que me répondriez-vous ? La grande majorité dira que « c’est mal ». Et c’est compréhensible. Très peu, voire aucune société n’autorise une telle pratique.
Et pourtant, de plus en plus d’œuvres mentionnent ces relations, qu’elles effleurent seulement le sujet ou qu’elles le développent totalement.

En effet, le traitement de la relation frère-sœur dans ces œuvres peut être très différent : ça peut aller de la série qui repose entièrement dessus (Boku wa imouto ni koi wo suru) à celle où cette relation n’est qu’au second plan, ayant presque une simple présence symbolique (Love Hina).
Elle peut être présente pour amuser le spectateur/lecteur (Saikin, imouto no yousu ga chotto okashiinda ga) ou pour faire passer un message (Sword art online).
De plus, il peut s’agir d’un frère et d’une sœur liés par le sang (To love-ru), comme d’un demi-frère et une demi-sœur (Shinmai maou no keiyakusha), voire même de personnages seulement liés symboliquement (Highschool DxD). Soyons fous, nous pouvons même aller jusqu’à citer Candy boy, et sa relation étroite qu’il y a entre deux sœurs de même sang.

Vous l’aurez compris, les exemples sont multiples.

Siblings 2

Mais alors, si ce type de relation dite monstrueuse, ou répugnante, est interdit par la morale de toutes les sociétés (y compris la japonaise – cf. la loi de juillet 2011 sur la censure dans la japanimation et les mangas), pourquoi le genre siscon (« sister complex ») est-il si présent dans la culture pop japonaise ?

Peut-être est-ce parce que tout le monde ne trouve pas le siscon et le brocon (« brother complex ») si dégoûtants que ça.

Alors que des personnes qui ne jugent que par leurs mœurs vont immédiatement classer OreImo comme étant une chose immonde et sans valeur, certains y verront une histoire d’amour interdite et magnifique.
Malgré l’interdiction de la publication d’OreImo en Chine, cette série a vu son dernier tome parmi les 10 LN les plus vendus en 2013 au Japon. Et ce n’est pas une seule personne qui a acheté 219 395 exemplaires, si vous voyez ce que je veux dire.

Siblings 3

Est-ce que regarder un siscon nous rend fou amoureux de notre sœur ? Non. On en revient aux amalgames, critiqués à juste titre par Misogi.

À mon sens, les vraies questions que nous devrions plutôt nous poser sont « Qu’est-ce qui fait que ce genre de relation est contraire à notre morale ? » ou « Pourquoi nos mœurs nous interdisent-elles d’aimer notre frère ou notre sœur ? » (Et à cette dernière, j’ajouterais : « En premier lieu, est-il possible de choisir de qui nous tombons amoureux ? »)

Peut-être que les mœurs évolueront bientôt, si bien que ces œuvres dites répugnantes dans bien des pays deviennent une part de leur culture a posteriori.
Peut-être que celles-ci n’évolueront pas, au grand dam de nombreuses œuvres qui ont eu ou qui auraient eu du succès si notre étroitesse d’esprit ne nous masquait pas la vue.

Seul le temps nous le dira.
En attendant, je m’en vais voir, curieux, si la relation brocon qu’il y a dans Selector infected WIXOSS aboutira.

C’était Vallor, pour vous servir.

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A propos MisogID

Lecteur de light novels maudit par le fukoudaisme. Administrateur et instigateur des vannes foireuses d'Otakiew.
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4 commentaires pour (Hébergé) Les relations frère-sœur dans les œuvres japonaises d’aujourd’hui

  1. MisogID dit :

    C’est dommage d’avoir restreint les œuvres étudiées, les VN pouvant apporter beaucoup…

    Pour faire court (et ne pas finir en monologue philosophique), le jugement des mœurs par l’éthique permet de s’en baser pour construire une morale « acceptable ».
    Et vu les conséquences de l’inceste (pour ratisser large), c’est difficilement acceptable, même pour un choix volontaire et réciproque.

    Je serais tenté de dire que les relations entre frère et sœur relèvent du « fantasme », mais… c’est pas le point le plus sensible.

    Le gros problème se rapporte à leur traitement. Peut-être que quelques séries traitent sérieusement le sujet, mais pour le reste, soit c’est dispensable (car pas vital à l’histoire), soit ça devient un festival de fan-service à gogo (pour rester soft).
    C’est ce dernier cas qui ternit l’image de ces relations. Ça et le twist de ne pas assumer une relation directe, pour justifier des situations qui n’ont aucun rapport avec le sujet (blagues de pisse, entre autres).

    Toutes ne sont pas à mettre dans le même panier, mais ça reste immoral. J’ai rien contre les personnes impliquées ou ceux qui aiment ça, mais il faut quand même être conscient des risques que ça engendre.

  2. Je n’ai hélas pas assez de connaissance dans le domaine des visual novels…

    Il y a beaucoup trop de séries qui ne se servent de ces relations que pour décorer, mais ça, ce n’est pas « si gênant que ça » contrairement aux horreurs qui dégradent le genre.
    « Histoire de faire plaisir aux gars qui adorent le brocon, on va faire une série où deux sœurs font tout pour se faire ***** par leur frère, y compris (sinon ce ne serait pas drôle) des choses bien ecchi » pour ne pas citer le plus mauvais gag que j’ai pu voir…

    Concernant les séries qui ne s’assument pas, c’est très dommage, certes, mais c’est loin d’être aussi horrible que ce que j’ai écrit plus haut.

    Je ne sous-entendais pas nécessairement (tout du moins volontairement) que je suis pour la légalisation des relations incestueuses in real life.
    Pour que ce soit plus simple à comprendre, je vais prendre un exemple : Death note. On suit l’histoire d’un serial killer qui traite sa fiancée (je crois) et même les femmes en général comme des objets. Je ne vois pas ce que cette série a de plus éthiquement correcte qu’un roman qui narre une romance entre deux frère et sœur ; et pourtant, il est considéré par de nombreuses personnes comme un chef-d’oeuvre. C’est ce genre d’incohérence qui me dérange.

  3. Lery dit :

    T’as oublié Koi Kaze 😛

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